Raymond était donc fort triste, le lendemain, quand il se mit en route avec M. de Boursonne pour gagner le terrain de leurs opérations.

Ils exécutaient alors des sondages, un peu au-dessous des Tuffeaux, à un endroit où la Loire se rapproche du coteau jusqu'à ne plus laisser entre son cours et les carrières qu'une étroite prairie qu'inonde la moindre crue, et un chemin défoncé par le passage continuel de charrettes chargées.

Leur matinée passa vite à commander et à suivre les manœuvres de leur personnel, assez nombreux, de piqueurs et de bateliers.

Et, vers les trois heures de l'après-midi, assis sur le revers du profond fossé qui sépare la prairie du chemin, ils se reposaient un moment après leur collation quotidienne, quand un de leurs conducteurs s'écria:

—Ah!... voilà Mme de Maillefert et sa société!

Un même mouvement rapide mit sur pied Raymond et M. de Boursonne.

Ils regardèrent.

A cent mètres d'eux, à un endroit où le chemin tourne d'énormes blocs de pierres moussues, sept ou huit personnes à cheval, jeunes femmes et jeunes hommes, s'avançaient au petit pas.

En avant, plus hardie que les autres, Raymond reconnut la duchesse de Maillefert, la taille serrée dans une amazone de drap bleu, ayant sur la tête un chapeau d'homme d'où s'échappaient, dans un savant désordre, les flots de ses cheveux roux.

Arrivée à cinq pas de Raymond et du vieil ingénieur, la duchesse arrêta son cheval, s'inclina légèrement, et de son air le plus gracieux: