—Ainsi, demanda-t-il à Raymond, c'est pour empêcher les inondations, ce que vous faites là?

—C'est du moins un travail préparatoire...

—Très curieux! s'écria M. Philippe, excessivement curieux!

Et enlevant son cheval, il lui fit franchir le fossé et se trouva dans la prairie aux côtés de Raymond.

A cheval, le jeune duc était encore plus disgracieux qu'à pied. Sa poitrine paraissait plus creuse, son dos plus bombé. Mais, ainsi que l'avait dit maître Béru, c'était un écuyer consommé, bien qu'il dût surtout à ses chutes sa renommée de sportsman. Il semblait s'être fait une spécialité de tomber, et se vantait d'avoir mesuré de son échine toutes les pistes de France et de l'étranger.

Il manœuvrait donc son cheval dans la prairie, et, le lorgnon à l'œil, il examinait les instruments qui s'y trouvaient, les niveaux, les jalons, les chaînes, les piquets, les sondes, demandant des explications à Raymond, s'étonnant de tout, comme l'eût pu faire un sauvage, et répétant toujours:

—Très curieux, parole d'honneur! prodigieusement curieux!

Pendant ce temps, Mme de Maillefert, entourée de ses hôtes, tenait M. de Boursonne.

—Vos travaux coûteront sans doute très cher, baron? disait-elle.

—Beaucoup de millions, madame.