—Mais vous n'êtes pas seul, monsieur, dit-il vivement... Veuillez donc m'excuser. Ce que j'ai à vous dire est assez long...
Si préoccupé que fût Raymond, il ne pouvait pas ne pas voir que sa présence embarrassait singulièrement l'avocat.
—J'allais me retirer, dit-il à M. Verdale, je me retire...
Et, s'adressant à Me Roberjot:
—Maintenant que me voici à Paris, mon cher maître, ajouta-t-il, je viendrai vous importuner souvent... Permettez-moi donc, pour aujourd'hui, de vous laisser à vos occupations...
II
Dans ce Paris immense, où tant d'intérêts s'agitent, il n'est pas de jour qu'on ne rencontre quelque malheureux que sa passion affole, et qui s'en va le long des trottoirs, d'un pas de somnambule, monologuant à haute voix, égrenant au vent ses plus chers secrets, comme le vase fêlé qui laisse échapper l'eau qu'il contient.
Ainsi, en sortant de chez Me Roberjot, s'en allait Raymond le long de la rue Jacob et de la rue des Saints-Pères.
A l'encontre de la raison, l'instinct victorieux le traînait aux environs de la demeure de la duchesse de Maillefert.
—Dans quel but? lui criait le bon sens.