Que faut-il faire?
Il y avait des semaines, des mois, que le malheureux vivait en face de ce problème, qu'il y appliquait toutes les forces de sa pensée, toute l'énergie de son intelligence, et qu'il ne découvrait aucune solution acceptable.
—Ne rien pouvoir, répétait-il, en proie à une sorte d'égarement, rien, rien, rien!... En être toujours à se débattre, à s'agiter dans les ténèbres, sans un rayon de jour, sans une lueur! Être environné d'ennemis et n'en jamais trouver un en face! Être frappé sans relâche, et ne pas voir d'où viennent les coups! Ah! si Mlle Simone l'eût voulu!... Mais non, c'est elle qui, volontairement, m'a lié les mains, garrotté, réduit à l'impuissance, condamné à cette exécrable situation, à cette existence d'humiliation, à cette lutte sans issue. Il lui a plu de se dévouer, elle se dévoue. Je péris avec elle; que lui importe! Ah! tenez, miss Dodge, Simone jamais ne m'a aimé!...
Du geste, comme si elle eût entendu un blasphème, la digne gouvernante protestait.
—Vous ne m'avez donc pas comprise! interrompit-elle. Il faut donc que je vous répète que mademoiselle ne vivra pas jusqu'à ce mariage!...
Soudainement, Raymond s'arrêta. La violence de ses émotions finissait par lui donner cette lucidité particulière à la folie, et qui prête aux actes des fous une apparence de logique.
—Voyons, fit-il, d'un accent bref et dur, nous sommes là qui perdons notre temps en paroles vaines. Consultons-nous. Avez-vous idée du stratagème qu'on a employé pour attirer Mlle Simone à Paris?...
—On lui a dit que l'honneur de M. Philippe était compromis, et que seule, en consentant aux plus grands sacrifices, elle pouvait le sauver...
—Alors elle a abandonné sa fortune...
—Je le crois.