Ce coup fut terrible pour la malheureuse femme, et il fallut la pensée de son fils pour la rattacher à la vie...
Pascal devenait tout pour elle, le présent et l’avenir... Elle se jura qu’elle en ferait un homme!...
Mais hélas!... un malheur ne vient jamais seul.
Un ami de son mari qui s’était chargé d’administrer sa fortune, abusa lâchement de son inexpérience. Elle s’était endormie riche de plus de 15,000 livres de rentes, elle s’éveilla ruinée... ruinée à ne savoir où dîner le soir.
Seule, elle eût été à peine émue de cette catastrophe.
Elle en fut atterrée en réfléchissant que l’avenir de son fils était peut-être perdu, et que, dans tous les cas, ce désastre le condamnait à entrer dans la vie par les portes basses et étroites de la misère.
Mais Mme Férailleur avait le cœur trop haut et trop fier pour ne pas trouver en ce péril extrême une énergie virile.
Elle ne perdit pas en lamentations inutiles des moments précieux. Elle se dit qu’elle réparerait le mal autant qu’il était en elle, et que, lui fallût-il travailler de ses mains, son fils n’interromprait pas ses études au collége Louis-le-Grand.
Et quand elle parlait de travailler de ses mains, ce n’était pas une de ces exagérations vaines de la douleur ou d’un éclair de courage.
Elle s’employa à faire des ménages ou à des coutures grossières jusqu’au jour où elle put être admise en qualité de surveillante dans l’établissement dont son mari avait été l’associé.