Pour obtenir cette place, elle avait dû apprendre la tenue des livres, mais elle s’en trouvait amplement récompensée. Cela lui valait dix-huit cents francs par an, le logement et la table.

Dès lors, son cœur se desserra. Elle comprit qu’elle mènerait à bonne fin sa lourde tâche.

La pension de Pascal, qui fut désormais interne, lui coûtait environ neuf cents francs, tout compris; elle ne dépensait pas pour elle plus de cent francs; c’était donc huit cents francs qu’elle pouvait mettre de côté chaque année.

Il faut reconnaître qu’elle fut secondée par son fils au-delà de toute espérance.

Pascal avait douze ans le jour où sa mère lui dit d’une voix émue, mais ferme:

—Je t’ai ruiné! mon fils... De cette fortune si laborieusement édifiée par ton père, rien ne nous reste... Tu n’as plus désormais à compter que sur toi, mon fils... Dieu veuille que plus tard tu ne me reproches pas amèrement mon imprudence...

L’enfant ne se jeta pas dans ses bras...

Il redressa la tête, et d’un air fier:

—Mère chérie, répondit-il, je t’aimerai davantage, s’il est possible... Cette fortune que mon père t’avait donnée, je te la rendrai... Je ne suis plus un collégien, je suis un homme... tu verras.

On vit, en effet, qu’il avait pris un engagement sacré.