Abusant jusque-là d’une remarquable intelligence et d’une prestigieuse facilité, il travaillait peu et seulement par accès, au moment des compositions générales...

De ce moment, il ne perdit plus une heure. Ses allures, comiques et touchantes à la fois, devinrent celles d’un chef de famille soucieux de sa responsabilité.

—Voyez-vous, disait-il à ses camarades étonnés de sa soudaine âpreté à l’étude, je n’ai plus le loisir d’user beaucoup de culottes sur les bancs de l’Université, maintenant que ma pauvre mère les paye de son travail!...

Car sa bonne humeur ne fut pas altérée de ce qu’il s’était imposé la loi de ne jamais dépenser un sou des quelques francs affectés chaque semaine à ses menus plaisirs.

Et avec un tact bien supérieur à son âge, il sut porter fièrement et simplement son malheur, évitant aussi bien l’humilité qui a un faux air de bassesse que le ton rogue de la pauvreté envieuse.

Trois ans de suite, des prix au grand concours récompensèrent ses efforts. Ce succès, loin de l’enivrer, lui fit à peine plaisir.

—Ce n’est que glorieux, pensait-il.

Sa grande, sa première ambition était de se suffire.

Il y parvint lorsqu’il était en rhétorique, grâce à la bienveillance du proviseur, en donnant des répétitions à des élèves des classes inférieures.

Si bien qu’un jour, Mme Férailleur s’étant présentée comme d’ordinaire à l’économat pour régler le trimestre, l’économe lui répondit: