—Vous ne nous devez rien, madame; tout a été payé par votre fils...

Elle faillit s’évanouir, faible devant le bonheur, elle qui avait si courageusement supporté l’adversité. Elle pouvait à peine croire... il lui fallut de longues explications. Et alors de grosses larmes, larmes de joie cette fois, jaillirent de ses yeux.

C’est ainsi que Pascal Férailleur arriva à la fin de ses études, tout armé pour les luttes qui l’attendaient, et ayant fait ses preuves.

Il voulait être avocat, et c’est là, il ne se le dissimulait pas, une profession presque inabordable pour les jeunes gens qui n’ont pas de fortune...

Mais pour qui veut fortement, pour qui sait surtout vouloir chaque matin la même chose précisément que la veille, il n’est pour ainsi dire pas d’obstacles insurmontables.

Le jour où il prit sa première inscription, Pascal entrait comme clerc surnuméraire chez un avoué.

Cette besogne de basoche, si fastidieuse au début, devait lui offrir ce double avantage de le rompre aux manœuvres de la procédure et de lui fournir de quoi vivre et de quoi payer ses examens.

Dès le milieu de la première année, il avait 800 francs d’appointements. Il en obtint 1,500 à la fin de la seconde. Après trois ans, et lorsqu’il venait de passer sa thèse, son patron l’éleva au grade de maître clerc avec un traitement de 3,000 francs, qu’il augmentait encore en préparant des dossiers pour des avocats très-occupés, ou en rédigeant des mémoires pour des particuliers...

Certes, en arriver là et en si peu de temps tenait presque du prodige, et pourtant le plus difficile restait à accomplir.

Le périlleux était d’abandonner une position sûre, pour courir les hasards du barreau.