Peut-être cela venait-il de ce qu’elle ignorait où était allé Pascal. Peut-être M. de Coralth était-il la cause de cette agitation. Mme Férailleur ne pouvait souffrir le vicomte, son instinct de femme lui disait que l’étrange beauté de ce jeune homme avait quelque chose de malsain et qu’il était dangereux de croire à ses témoignages d’amitié.
Successivement elle entendit frapper toutes les heures aux horloges des communautés voisines... deux heures... trois heures... quatre heures...
—Comme Pascal rentre tard, se disait-elle.
Peu à peu, un pressentiment plus douloureux que les autres traversa son esprit. Elle sauta à terre et courut ouvrir sa fenêtre. Il lui semblait qu’elle avait entendu un grand cri de détresse dans la rue déserte...
A ce moment-là même, minute pour minute, le mot «voleur» était jeté à la face de son fils.
La rue était silencieuse... elle pensa qu’elle s’était trompée, elle se recoucha en se raillant de ses chimères, et enfin s’endormit...
Mais quelle ne fut pas sa terreur, le matin, quand, sortant de chez elle, au bruit de la femme de ménage, elle aperçut sur le buffet le bougeoir de Pascal.
N’était-il donc pas rentré!... Elle courut à sa chambre... personne.
Et il était près de huit heures!...
C’était la première fois que Pascal passait la nuit dehors sans que sa mère fût prévenue. Et de sa part, avec son caractère, cela annonçait quelque chose d’extraordinaire.