En un moment Mme Férailleur s’énuméra tous les dangers de Paris la nuit. Toutes les histoires qu’elle avait lues, d’hommes attirés dans des piéges, poignardés au détour de quelque rue déserte, jetés à la Seine en traversant un pont se représentèrent à sa mémoire...
Que faire!... Elle avait envie de courir à la préfecture de police et chez tous les amis de Pascal, et d’un autre côté elle n’osait s’éloigner de peur qu’il ne rentrât en son absence...
Et pendant que son désespoir flottait entre mille partis, elle restait affaissée sur une banquette de l’antichambre, comptant les secondes aux battements précipités de ses tempes, l’oreille tendue au moindre bruit...
Enfin, un peu après la demie de huit heures, elle entendit dans l’escalier un pas lourd et trébuchant comme le pas d’un ivrogne...
Elle ouvrit, c’était son fils, les vêtements en désordre, sa cravate arrachée, sa chemise déchirée, sans pardessus, la tête nue...
Il était livide et ses dents claquaient, nulle expression dans ses yeux et sur sa physionomie qu’un affreux hébêtement...
—Pascal, que t’est-il arrivé?...
Cette voix tombant sur son esprit comme un marteau sur un timbre, le fit tressaillir de la tête aux pieds.
—Rien!... bégaya-t-il, rien du tout.
Et sa mère l’accablant de questions, il l’écarta doucement et gagna sa chambre.