Il lui parut également prouvé que Mme d’Argelès connaissait le coupable, soit qu’elle l’eût surpris, soit qu’elle eût été mise dans la confidence.
Mais ce qui échappait à son intelligence, c’était le mobile de M. de Coralth.
Quel intérêt l’avait poussé à cette abominable action?... Il fallait qu’il fût considérable, car enfin il s’était exposé à être vu trichant, et à passer à tout le moins pour un complice...
Puis encore, quelle raison avait fermé la bouche de Mme d’Argelès?...
Mais à quoi bon ces conjectures illusoires!...
Le fait brutal, positif, réel, c’est que l’infamie avait réussi, de quelque part qu’elle partit et quel que fût son mobile... Et Pascal était déshonoré.
Il était l’honnêteté même, et cependant il était accusé, plus que cela, convaincu d’avoir volé au jeu.
Il était innocent, et il n’apercevait pas de preuves à donner de son innocence. Il connaissait le coupable, et il ne voyait aucun moyen de le démasquer, ni même de l’accuser...
Quoi qu’il fît, cette calomnie atroce, inouïe, incompréhensible l’écrasait; le barreau lui était fermé, sa carrière était brisée...
A cette horrible conviction, que l’abîme était sans issue, il sentit vaciller sa raison... il sentit qu’il devenait incapable de rien décider et qu’il lui fallait les conseils d’un ami.