Que ferait-il alors?
Quand il songeait à cela, et c’était presque son unique pensée, il sentait s’allumer en lui des colères et des haines furibondes...
C’est qu’il ne s’en prenait pas à lui de ses mécomptes.
A l’exemple des ambitieux déçus, il accusait les hommes et les choses, les événements, des envieux et des ennemis que certes il n’avait pas.
Par certains jours, il eût été capable de tout pour arriver à l’assouvissement de ses ambitions. Car il avait tout souhaité, tout envié, tout espéré, et les privations, à la longue, avaient été comme de l’huile jetée sur la flamme des convoitises qui incendiaient son cerveau.
Plus calme, à d’autres moments, il se demandait à quelle porte de la fortune frapper, pour qu’elle ouvrit plus vite à son impatience fiévreuse.
Il avait songé à s’improviser dentiste, ou à chercher un bailleur de fonds pour la vente de quelqu’un de ces spécifiques dont le brevet assure cent mille livres de rentes.
Il avait rêvé l’établissement d’une pharmacie monstre, la création d’une maison de santé ou encore l’exploitation lucrative de quelque remède nouveau.
Mais pour tout cela il fallait de l’argent, beaucoup d’argent, et il n’en avait plus. L’heure venait de prendre un parti, il ne pouvait plus tenir...
Sa troisième année d’exercice, rue de Courcelles, lui avait à peine rapporté de quoi payer son domestique... Car il avait un domestique, cela pose.