—On vous marie, me dit-elle, j’ai entendu.
Cette certitude m’émut peu.
J’avais eu le temps de me recueillir et de prendre un parti. Je suis timide, mais je ne suis pas faible; j’étais décidée à résister à M. de Chalusse, résolue, au pis aller, à me séparer de lui et à renoncer à toutes les espérances de fortune dont il m’avait bercée.
De tout ce qui se passait en moi, de mes délibérations, de ma résolution définitive, je ne dis rien à Pascal.
C’est à peine si je lui laissai entrevoir qu’il était question d’un mariage pour moi.
Je ne voulais pas l’engager par le conseil qu’il n’aurait pas manqué de me donner.
J’avais sa parole; elle suffisait à ma sécurité.
Et c’est avec un tressaillement de joie que je me disais:
—M. de Chalusse, indigné de ma résistance, me chassera peut-être de son hôtel... Que m’importe, ou plutôt, tant mieux... Pascal est là.
Mais pour résister, Monsieur, il faut être attaquée, et M. de Chalusse ne me parlait de rien, soit que tout ne fût pas réglé entre lui et M. de Valorsay, soit qu’il espérât en me prenant à l’improviste m’ôter la faculté de délibérer.