Parfois, avant d’en arriver là, il a fallu des années d’investigations incessantes, des avances de fonds, des déplacements coûteux, des annonces habilement conçues dans tous les journaux de l’Europe.
Mais du moins, ce résultat obtenu, le dénicheur d’héritages peut respirer. Il a désormais, pour lui, soixante-quinze chance sur cent.
Le plus fort est fait, la portion de la tâche où fatalement il fallait compter avec le hasard. Le reste, le plus délicat, est affaire d’habileté, de tact et d’habitude.
De ce moment, l’agent de police s’efface et l’homme de loi retors apparaît.
Il s’agit d’aller trouver ce parent du défunt, découvert au prix de tant de peines, et de traiter avec lui du partage, sans toutefois lui laisser entendre qu’une succession qu’il ignore lui est échue.
Il s’agit de l’amener à s’engager par écrit, en bonne et due forme, à abandonner comme prime le dixième, le tiers, la moitié même, des sommes qu’on lui fera recouvrer.
Négociation épineuse, qui nécessite des prodiges de présence d’esprit et des trésors de duplicité à faire pâlir le plus astucieux diplomate.
Et, en effet, pour peu que l’héritier se doute de quelque chose, s’il soupçonne la vérité, il rit au nez du négociateur, lui tire sa révérence, et court en droiture réclamer seul et intégralement ce qui lui revient.
Adieu alors les espérances du «pisteur» et il en est pour ses soins et ses peines, pour ses démarches et pour ses déboursés.
Mais cette mésaventure est rare.