—Vos employés sont arrivés, lui cria-t-elle, en le secouant; deux clients vous attendent.
Il sauta à bas de son lit, termina sa toilette en moins d’un quart d’heure et passa dans son cabinet, en criant à ses commis:
—Faites entrer!...
Recevoir ce matin le contrariait fort, mais négliger toutes ses autres affaires pour la douteuse succession de Chalusse, eût été une folie.
Le premier client qui entra était un homme encore jeune, d’apparences cossues et vulgaires. N’étant pas connu de M. Fortunat, il jugea convenable de s’annoncer tout d’abord.
—Je suis, dit-il, M. Leplaintre, marchand de charbons en gros, et je vous suis adressé par mon ami Bouscat, le marchand de vin.
M. Fortunat s’inclina.
—Prenez donc la peine de vous asseoir, fit-il. Je me rappelle très-bien votre ami... Je lui ai, si je ne m’abuse, donné quelques conseils lors de sa troisième faillite...
—Précisément... Et si je viens vous trouver, c’est que je suis juste dans le même pétrin que Bouscat... Les affaires vont mal, mon échéance fin courant est très-considérable, de manière que...
—Vous serez obligé de déposer votre bilan.