—Quatre-vingt-neuf francs.

M. Isidore Fortunat eut une grimace de satisfaction.

—Pas mal, fit-il, pas mal du tout.

Et atteignant un énorme répertoire dans un casier, il l’ouvrit en disant:

—Attention!... nous allons pointer.

Aussitôt une singulière besogne commença... Le patron appelait des noms, et à chacun d’eux le caissier répondait par une indication qui était inscrite aussitôt en marge sur le répertoire...

—Un tel, disait le patron, un tel... un tel... Et le caissier de répondre: a donné deux francs... a déménagé... n’était pas chez lui... a donné vingt sous... ne veut plus rien payer...

Comment M. Fortunat se trouvait-il avoir tant de débiteurs, comment s’accommodait-il de si faibles à-comptes?... c’était bien simple.

Tout en équilibrant des bilans fictifs, M. Fortunat suivait les liquidations après faillite, et il y achetait ces masses de créances, considérées comme absolument perdues, qui se vendent aux enchères pour presque rien...

Et où personne n’eût touché un sou, lui récoltait.