C’était d’abord et principalement une occasion magnifique de faire acte d’autorité et de trancher du maître; c’était, en outre, la faculté de traiter, pour les funérailles, avec Victor Chupin, c’était enfin la liberté de courir au rendez-vous que lui avait fait demander M. Isidore Fortunat.

Laissant donc ses camarades suivre les opérations du juge de paix, il chargea M. Bourigeau des déclarations à la mairie, et, allumant un cigare, il sortit de l’hôtel, et lentement remonta la rue de Courcelles.

C’est au boulevard Haussmann qu’il avait rendez-vous, dans un établissement tout neuf, presque en face des beaux ateliers de Binder.

Plutôt débit de vins que restaurant, cet établissement ne payait pas précisément de mine, mais on y mangeait, on y déjeunait surtout fort bien, M. Casimir le savait par expérience.

—Personne n’est venu pour moi?... demanda-t-il en entrant.

—Personne.

Il consulta sa montre et parut surpris.

—Pas midi encore?... fit-il; je suis en avance... Donnez-moi, cela étant, un verre d’absinthe et un journal.

On lui obéit avec une promptitude que jamais son défunt maître n’avait obtenue de lui, et il se plongea dans le cours de la Bourse de l’air d’un homme qui a dans son tiroir des raisons de s’y intéresser.

Ayant vidé son verre d’absinthe, il en demandait un second, quand on lui frappa sur l’épaule. Il se dressa en sursaut; M. Isidore Fortunat était devant lui.