Comme toujours, le chasseur d’héritages était vêtu avec une recherche sévère, chaussé et ganté correctement, mais un sourire discret et encourageant qui ne lui était pas habituel errait sur ses lèvres.

—Vous le voyez, s’écria M. Casimir, on vous attendait!

—C’est vrai! je suis en retard, fit M. Fortunat, mais nous allons réparer le temps perdu... Car vous me ferez, je l’espère, le plaisir de déjeuner avec moi?

—C’est que, véritablement, je ne sais si je dois...

—Oui, oui, vous devez... On va nous donner un cabinet: nous avons à causer...

Ce n’était certes pas pour son agrément, que M. Fortunat fréquentait M. Casimir et faisait avec lui commerce d’amitié et de fourchette. M. Fortunat, qui était fier, estimait ces relations quelque peu au-dessous de sa dignité. Mais les événements lui avaient forcé la main au début, et ensuite, son intérêt commandant, il avait passé sur ses répugnances.

C’est par le comte de Chalusse que M. Fortunat avait connu M. Casimir. Ayant eu à se louer des services du dénicheur d’héritiers, et lui supposant une probité relative, le comte l’avait chargé d’arranger diverses tracasseries, et à chaque fois lui avait expédié son valet de chambre.

Naturellement M. Casimir avait péroré, l’autre avait écouté, de là une connaissance superficielle.

Plus tard, lors des projets de mariage de M. de Valorsay, M. Fortunat avait trouvé commode, pour contrôler les allégations de son noble client, de faire du domestique de M. de Chalusse son espion.

De là des relations suivies, dont le prétexte avait été facile à trouver, M. Casimir étant un spéculateur et jouant à la Bourse.