Et tout cela, le brocanteur le manie et le tripote, le secoue, le raille, le déprécie... On se croyait dans un louvre, il prouve qu’on était dans un taudis. C’est à peine s’il daignera acheter... Qui est-ce qui voudrait de ces rebuts!... Dame!... il sait qu’on a besoin d’argent et il abuse... C’est son état.

—Combien cela vous a-t-il coûté?... demande-t-il à chaque meuble.

—Tant!...

—Eh bien!... On vous a joliment volé!...

Il est sûr qu’il y a un voleur, et que ce doit être lui!... Mais que dire?... Un autre n’agirait pas autrement que lui.

Le mobilier de Mme Férailleur lui avait coûté une dizaine de mille francs, il en valait au moins le tiers, elle en retira 760 francs. Il est vrai qu’elle était pressée et qu’elle fut payée comptant.

Et comme neuf heures sonnaient, on chargeait ses malles sur un fiacre, et elle criait au cocher; bien haut, comme elle en était convenue avec son fils:

—Place du Havre... au chemin de fer!

Une fois déjà, après avoir été lâchement dépouillée par un misérable, Mme Férailleur en avait été réduite à se défaire de tout ce qu’elle possédait.

Une fois déjà, elle avait abandonné son logis aux brocanteurs et s’était éloignée en emportant sur un fiacre les épaves de sa fortune.