Que les «crevés» actuels se rassurent, les successeurs ne leur manqueront pas.

Des sages conseils de M. Patterson, rien ne resta dans l’esprit de M. Wilkie. Ils lui entrèrent, comme on dit familièrement, par une oreille et sortirent par l’autre.

Un seul fait, pour lui, se dégagea de ce dernier entretien, c’est qu’il était son maître désormais et qu’il avait une fortune... quel rêve!... C’est-à-dire, non, c’était bien une réalité, il y avait là sur la table, pour l’attester, cinq mille francs en beaux louis, vivants, frétillants, grouillants...

S’il eût pris la peine de visiter attentivement cet appartement devenu tout à coup le sien, M. Wilkie eût peut-être reconnu qu’il avait été arrangé avec amour.

Tout y était neuf et cependant tout avait l’empreinte de la vie. Ce n’était pas le froid et morne logis meublé sur commande, bien ou mal selon le prix, par un tapissier.

Les moindres détails trahissaient une main amie, la délicatesse d’une femme, la tendresse prévoyante d’une mère.

Aucune des petites superfluités qui peut flatter un jeune homme n’avait été oubliée. Il y avait des londrès choisis dans une boîte de bois des îles, sur la table et sur la cheminée un pot plein de tabac.

Mais M. Wilkie avait bien le temps de remarquer cela, vraiment!

Il se hâta de couler 500 francs dans son gousset, serra le surplus de ses richesses dans un tiroir et s’élança dehors d’un air aussi fier que si Paris lui eût appartenu ou qu’il eût eu de quoi l’acheter.

C’est qu’il lui fallait quelqu’un pour fêter sa délivrance, et il courait à la recherche de quelqu’un de ses camarades de Louis-le-Grand.