Et il écrivit de nouveau.
La réponse, cette fois, se fit attendre assez longtemps... Elle vint, cependant. M. Patterson envoyait deux mille francs et une interminable épître où les remontrances n’étaient pas épargnées.
L’intéressant jeune homme jeta l’épître au feu, et s’en alla tout droit retenir une voiture au mois et un domestique.
De ce jour, sa vie se passa à demander et à attendre de l’argent... Petit à petit, il se perfectionnait et il épuisait successivement tous les prétextes qui attendrissent les familles et trouvent le secret des coffres-forts les plus compliqués... Il était malade, il avait perdu au jeu sur parole, il avait imprudemment obligé un ami peu scrupuleux, il était sur le point d’être saisi...
Et selon que les réponses étaient ou non favorables, il se montrait humble ou impertinent, si bien que ses amis, rien qu’à la façon dont il portait sa moustache, savaient à quoi s’en tenir sur l’état de sa bourse...
L’expérience lui venait, cependant. Additionnant toutes les sommes qu’il avait reçues, il ne laissait pas que d’être un peu effrayé du total et il se disait que pour lui donner tant d’argent sa famille devait être bien riche...
De cette réflexion lui vint l’idée d’exploiter, pour éblouir ses amis, le mystère de sa naissance et de ses premières années...
La crédulité des autres aidant, il finit par se persuader, à force de le dire, qu’il était le fils d’un grand seigneur anglais, membre de la chambre haute, et vingt fois millionnaire...
Et il était à moitié de bonne foi quand il affirmait à ses créanciers que son père, le lord, devait arriver d’un jour à l’autre pour payer toutes ses dettes...
Malheureusement, ce ne fut pas son père qui arriva, mais une lettre du digne M. Patterson, ainsi conçue: