«On m’avait confié pour vos besoins imprévus, cher monsieur, une somme considérable. Sur vos sollicitations réitérées, je vous l’ai adressée intégralement, il ne me reste plus un centime à vous... dès lors mon mandat est rempli.
«Évitez-vous la peine et le port de nouvelles demandes, elles resteraient sans réponse. Vous ne recevrez plus un penny au-delà de votre pension, trop considérable déjà, à mon avis, pour un homme de votre âge...»
Cette lettre fut pour M. Wilkie comme un coup de bâton sur la tête.
Que faire? Il savait bien que M. Patterson ne revenait jamais sur une décision prise... Il lui écrivit cependant trois ou quatre lettres éplorées... en vain...
Et jamais ses besoins d’argent n’avaient été si pressants... Ses créanciers s’agitaient, le papier timbré commençait à pleuvoir chez son concierge, l’échéance de son trimestre était encore éloignée, et par le Mont-de-Piété seul il se procurait encore quelque argent de poche...
Il se voyait perdu, réduit à congédier sa voiture, à vendre son tiers de Pompier de Nanterre, déchu dans l’estime de ses spirituels amis.
Son désespoir, enfin, était sans bornes, quand un matin son domestique l’éveilla en lui disant que M. le vicomte de Coralth était là, dans le petit salon, et désirait lui parler pour une affaire très-urgente.
Tirer M. Wilkie du lit, c’était le diable à confesser, ordinairement... Mais le nom que prononçait son domestique avait sur lui un pouvoir qui tenait du prodige.
D’un bond, il fut à terre, et, tout en s’habillant à la hâte:
—Ce cher vicomte, chez moi, à cette heure-ci, murmura-t-il, c’est épatant!... Aurait-il un duel, par hasard, et viendrait-il me demander d’être son témoin?... Bonne affaire!... Cela me poserait un peu bien... Pour sûr, il y a quelque chose...