Et ce fut cet âpre désir qui lui inspira précisément le plan de M. Fortunat.

—Pourquoi ne préviendrais-je pas Wilkie, se dit-il. Si je lui donne une fortune, ce crétin me devra bien une récompense honnête...

A hasarder cette démarche, il risquait l’inimitié et la vengeance de Mme d’Argelès, et c’était grave... S’il savait d’elle beaucoup de choses, elle connaissait tout de lui... Pour qu’il fût honteusement chassé de partout, elle n’avait qu’à le vouloir.

Cependant, pesant les avantages et les périls, il se décida à agir, persuadé d’un autre côté qu’en s’y prenant bien, Mme d’Argelès ignorerait toujours sa trahison...

Et s’il se trouvait si matin dans le petit salon de M. Wilkie, c’est qu’il craignait de n’être pas le seul à savoir la vérité, et qu’il tremblait d’être prévenu.

—Vous, ici, mon excellent bon! dès l’aurore!... Qu’arrive-t-il?

Ainsi s’exprima M. Wilkie en entrant tout effaré dans le petit salon.

—A moi? rien, répondit le vicomte, c’est pour vous que je me suis dérangé.

—Allons donc!... Vous m’effrayez.

—Oh!... rassurez-vous, je n’ai rien à vous dire que d’agréable.