Et d’un ton léger qui dissimulait fort bien son émotion:
—Je suis venu, mon cher Wilkie, prononça-t-il, pour vous demander ce que vous donneriez bien à l’homme qui vous mettrait en possession de plusieurs millions.
En dix secondes, le visage de M. Wilkie passa deux ou trois fois alternativement du blanc au pourpre, et c’est d’une voix altérée qu’il répondit:
—Très-bonne, celle-là!... je la trouve bien bonne!... J’en rirai plusieurs jours, excepté pendant les repas...
Il essayait de railler, mais il était bouleversé... Il s’était bercé de tant de chimères que rien ne devait plus lui paraître invraisemblable.
—De ma vie je n’ai parlé plus sérieusement, insista le vicomte.
L’autre ne répondit pas tout d’abord... Ses regards effarés disaient quel combat se livrait en lui, entre des espérances décevantes et la crainte d’être dupe de quelque mauvaise plaisanterie...
—Voyons, cher, dit-il enfin, voulez-vous me faire poser?... Ce ne serait pas gentil... Un débiteur, c’est sacré, et je vous dois 25 louis... Ce n’est pas le moment de me parler de millions, allez... Ma famille m’a coupé les vivres, mes créanciers me la font au papier timbré... enfin, ça ne boulotte pas...
M. de Coralth l’arrêta, et d’un air solennel:
—Sur l’honneur, prononça-t-il, je ne plaisante pas... Que donneriez-vous à l’homme qui vous...