—M. Pascal Férailleur?...
—Oui... Il est innocent!... Le vicomte de Coralth est un misérable!... C’est lui qui a glissé entre les mains de M. Férailleur les paquets de cartes préparées qui l’ont fait gagner... Et c’est sous la pression du marquis de Valorsay que M. de Coralth a commis cette infamie!...
C’est d’un air stupéfié que le baron examinait Mme d’Argelès...
—Quoi! fit-il, vous saviez et vous avez laissé faire? Vous avez eu le courage de vous taire quand cet honnête homme qu’on égorgeait invoquait votre témoignage!... Vous avez souffert que ce crime atroce s’accomplît chez vous, sous vos yeux?
—J’ignorais alors jusqu’à l’existence de Mlle Marguerite, j’ignorais que ce jeune homme est aimé de la fille de mon frère, j’ignorais...
Le baron l’interrompit, et d’un accent indigné:
—Ah!... n’importe!... s’écria-t-il, c’est une abominable action que vous avez commise!...
Elle baissa la tête, et d’une voix à peine intelligible:
—Étais-je donc libre!... balbutia-t-elle... J’ai subi une volonté plus forte que la mienne... Que n’avez-vous entendu les menaces de M. de Coralth!... Il a surpris mon secret, il connaît Wilkie... Je lui appartiens, je suis à sa discrétion... Ne froncez pas ainsi les sourcils, je ne m’excuse pas, j’explique... Ma position est atroce, je n’ai confiance qu’en vous, seul vous pouvez venir à mon secours, écoutez-moi!...
Et rapidement elle lui apprit sa situation vis-à-vis de M. de Coralth, ce qu’elle avait pénétré des projets du marquis de Valorsay, l’effrayante visite de M. Fortunat, ses conseils, ses insinuations, ce qu’elle craignait et enfin la ferme résolution où elle était maintenant d’arracher Mlle Marguerite aux entreprises de ses ennemis.