Le baron s’était assis, et il écoutait haletant, remué par une émotion bien autrement puissante et irrésistible que celle du «bac» le plus corsé.
Les explications de Mme d’Argelès complétant les confidences de Pascal Férailleur et les aveux involontaires du marquis de Valorsay, le baron ne pouvait douter qu’une ténébreuse intrigue ne s’agitât autour des millions du comte de Chalusse...
S’il en avait tout d’abord compris le but, il commençait, croyait-il, à en discerner les moyens...
Il s’expliquait comment et pourquoi Valorsay, ruiné, persistait à vouloir épouser Mlle Marguerite, même sans dot.
—Ce misérable, pensait-il, sait par Coralth que Mme d’Argelès est une Chalusse... Il compte, quand Mlle Marguerite sera sa femme, obliger Mme d’Argelès à accepter la succession de son frère et à la partager avec lui.
Mme d’Argelès, à ce moment même, achevait son récit.
—Et maintenant, ajouta-t-elle, que faire? Quel parti prendre?...
Le baron se caressait le menton, ce qui était un geste familier quand il demandait quelque effort à son intelligence.
—D’abord, répondit-il, nous démasquons Coralth et Valorsay et nous réhabilitons ce brave M. Férailleur. C’est cent mille francs qu’il m’en coûtera très-probablement; mais, ma foi!... je ne les regretterai pas... Je les perdrais peut-être à un trente et quarante quelconque, l’été prochain, et mieux vaut qu’ils servent à une bonne action qu’à grossir le dividende des actionnaires de mon ami Blanc...
—Malheureusement, M. de Coralth parlera dès qu’il apprendra que j’ai révélé les turpitudes de son passé.