Elle eut une seconde de perplexité, oh! rien qu’une seconde...

La loyale et bienveillante figure de l’artiste lui disait que celui-là ne la trahirait pas, qu’il lui donnerait plutôt secours et assistance...

Elle tendit donc la lettre du marquis de Valorsay, en prononçant, d’un air de dignité triste:

—C’est mon honneur et mon avenir, monsieur, que je remets entre vos mains... Et je suis sans inquiétude, je ne crains rien.

Lui comprit ce qui avait dû se passer en elle, qu’elle n’osait lui demander le secret, ou qu’elle l’avait jugé inutile...

Il eut pitié, et ses derniers soupçons s’envolèrent.

—Je lirai cette lettre, madame, dit-il, mais je serai le seul à la lire, je vous en donne ma parole... Personne que moi ne verra les épreuves.

Émue, elle lui tendit la main, qu’il serra, et dit simplement:

—Merci... c’est m’obliger deux fois que de m’obliger ainsi...

Obtenir d’une lettre un fac-simile absolument parfait, est une opération délicate et parfois assez longue.