—J’aurai dix jours, s’il faut.

—Alors, vous allez voir.

Il se leva, passa dans le bureau voisin, et l’instant d’après reparut portant un énorme carton vert.

—Là dedans, fit-il, sont les feuilles de contrôle que chaque station envoie tous les soirs au bureau central...

Il ouvrit le carton, en examina rapidement le contenu, et d’un ton joyeux:

—Nous y sommes!... dit-il. Voici la feuille du surveillant de la rue Soufflot pour le jour indiqué, 16 octobre... Voyons le mouvement des voitures entre neuf heures moins un quart et neuf heures un quart... Cinq fiacres sont arrivés à la station... Inutile de nous occuper de ceux-là... Trois l’ont quittée, portant les numéros 1781, 3025 et 2140... c’est un de ces trois-là qu’a pris la parente de votre patron...

—C’est trois cochers à interroger...

L’employé haussa les épaules.

—A quoi bon? prononça-t-il. Ah! vous ne connaissez pas tous nos moyens de contrôle! Les cochers sont fins, mais la Compagnie n’est pas bête... Moyennant cent cinquante mille francs que lui coûte annuellement sa police, elle sait heure par heure ce que font ses voitures... Je vais chercher la feuille des cochers des trois numéros, et l’une d’elles, certainement, nous renseignera.

Cette fois, les investigations furent assez longues, et Chupin commençait à s’impatienter, quand l’employé agita triomphalement une feuille de papier sale et toute fripée, en s’écriant: