—Nous approchons, dit Mme Férailleur.
Ce que répondit Mlle Marguerite, on ne l’entendit pas; elle étouffait.
Le cocher venait de tourner court la route de la Révolte; il ne tarda pas à ralentir l’allure de ses bêtes.
—Regardez, mademoiselle, dit encore Mme Férailleur, voici notre maison là-bas.
Sur le seuil, la tête nue, les cheveux au vent, haletant d’impatience et d’espoir, un homme était debout, qui comptait les secondes aux battements furieux de ses tempes... Pascal.
Il n’attendit pas que la voiture s’arrêtât...
Bondissant jusqu’à la portière, il l’ouvrit, et Mlle Marguerite se trouvant de son côté, il l’attira à lui, l’enleva entre ses bras, et l’emporta dans la maison en poussant un grand cri de joie...
Elle n’eut pas le temps de se reconnaître. Il la déposa sur un méchant fauteuil, et se laissant tomber à genoux devant elle:
—Enfin je vous revois, ô ma Marguerite bien-aimée!... s’écria-t-il... Vous êtes à moi, rien ne nous séparera plus!...
Ils sanglotaient... Forts contre l’adversité, ils succombaient sous l’excès de leur bonheur... Et ils demeuraient là, penchés l’un vers l’autre, si près que leur souffle se mêlait, les mains enlacées, les yeux dans leurs yeux, troublés jusqu’au plus profond d’eux-mêmes, le visage inondé de larmes, palpitants à croire que leur cœur se brisait... Debout, appuyée à l’huisserie de la porte, Mme Férailleur pleurait.