Il résolut de les confier à M. de Fondège, qui passait pour un excentrique, mais dont la probité semblait au-dessus du soupçon...

Lors donc qu’il sortit, le soir vers six heures, il emportait les titres au porteur et les paquets de billets de banque que vous aviez vus le matin dans son secrétaire...

Que se passa-t-il entre votre père et le dépositaire choisi par lui?... On ne peut que le soupçonner...

Ce qui est prouvé pour moi et que je prouverai, c’est que M. de Fondège accepta le fidéicommis et qu’il en donna un reçu en forme de lettre.

Il était ainsi conçu:

«Je reconnais, mon cher comte de Chalusse, avoir reçu de vous, aujourd’hui jeudi, 15 octobre 186..., la somme de DEUX MILLIONS DEUX CENT CINQUANTE MILLE FRANCS, que je déposerai en mon nom à la Banque de France, pour les remettre à Mlle Marguerite, votre fille, le jour où elle me représentera cette lettre.

«Et croyez, mon cher comte, à l’absolu dévouement de votre vieux camarade.

«Gal DE FONDÈGE.»

Mlle Marguerite était confondue.

—Qui donc a pu vous révéler ces détails si précis?... interrogea-t-elle.