—Le marquis de Valorsay, mon amie, et vous allez comprendre comment.
Cette lettre pliée—sans enveloppe—M. de Fondège y écrivit l’adresse de son «vieux camarade.» M. de Chalusse se proposait de la mettre à la poste, afin que le timbre lui donnât une date certaine.
Mais une fois dehors, réfléchissant, il eut peur. Il se dit que c’était chose bien fragile que cette feuille de papier, seule preuve qui existât du dépôt qu’il venait de remettre à l’honneur de M. de Fondège. Elle pouvait s’égarer, cette feuille, se perdre, être brûlée ou volée, que sait-on?... Alors qu’adviendrait-il? Combien de fois n’a-t-on pas vu des fidéicommissaires trahir la confiance dont ils avaient paru dignes!...
Avec de telles idées, M. de Chalusse devait s’inquiéter d’un moyen de se garantir d’un malheur non probable, mais possible. Il le chercha et le trouva.
Passant devant le magasin d’un papetier, il y entra, acheta une de ces presses dont les négociants se servent pour leur correspondance, et, sous prétexte de l’essayer, donna à copier la lettre de M. de Fondège.
L’opération terminée, il prit la feuille où se trouvait reproduit le reçu et la mit sous une enveloppe à l’adresse du marquis de Valorsay.
Et, tranquille désormais, il jeta à la poste et la lettre et la reproduction.
Quelques instants plus tard, il montait en voiture et était frappé d’une attaque d’apoplexie...
Si extraordinaires que dussent paraître les explications de Pascal, Mlle Marguerite ne doutait certes pas de leur exactitude.
—Alors, demanda-t-elle, c’est la reproduction, que vous avez vue entre les mains du marquis de Valorsay?