—Enfin, monsieur, reprit-il, que répondriez-vous, si moi, le frère de la jeune fille que vous prétendez épouser malgré elle, je vous sommais de cesser vos assiduités.
Cérémonieusement, M. Costeclar s'inclina.
—Je vous répondrai, monsieur, prononça-t-il, que l'assentiment de votre père me suffit. Ma recherche n'a rien que d'honorable. Il se peut que j'aie déplu à mademoiselle votre sœur; c'est un malheur, mais il n'est pas irréparable. Quand elle me connaîtra mieux, j'ose espérer qu'elle reviendra sur d'injustes préventions. Je persisterai donc.
Maxence n'insista pas. Si irrité qu'il fût du sang-froid de M. Costeclar, il n'entrait pas dans ses vues de pousser plus loin.
—Il sera toujours temps, pensait-il, de recourir aux grands moyens.
Mais en rapportant à Mlle Gilberte cette conversation:
—Il est clair, disait-il, qu'il y a entre notre père et cet homme une communauté d'intérêts dont le sens m'échappe. Quelles affaires brassent-ils ensemble? En quoi ton mariage peut-il les servir ou leur nuire? Il faudrait voir, s'informer, tâcher de découvrir ce qu'est au juste ce Costeclar, que Dieu confonde!
Il se mit en campagne le jour même, et n'eut pas beaucoup à courir.
M. Costeclar était une de ces personnalités qui ne s'épanouissent qu'à Paris, qui ne se rencontrent qu'à Paris, non plus que les chevaux de fiacre et les demoiselles à chignon jaune.
Il connaissait tout le monde, et tout le monde le connaissait.