Il était bien connu à la Bourse et au passage de l'Opéra, dans tous les grands restaurants dont il tutoyait les garçons, au contrôle des théâtres, à toutes les agences de poules, et au Cercle Européen, autrement dit Club des Nomades dont il faisait partie.
Il s'occupait d'opérations de Bourse, c'était sûr. On le disait intéressé pour un tiers dans une charge d'agent de change. Il faisait beaucoup d'affaires avec M. Jottras de la maison Jottras et frère, et avec M. Saint-Pavin, le directeur d'un journal très-répandu: Le Pilote financier.
Ah! on savait encore qu'il avait, rue Vivienne, un magnifique appartement, et qu'il avait successivement honoré de sa libérale protection Mlle Sydney, des Variétés, et Mme Jenny Fancy, une dame d'un certain âge déjà, mais posée de telle sorte qu'elle rendait à ses amants en notoriété, ce qu'ils lui donnaient en bon argent.
Voilà ce que Maxence apprit du premier coup. Quant à des détails plus précis, impossible d'en obtenir. A ses questions pressantes sur les antécédents de M. Costeclar:
—C'est un fort honnête homme, répondaient les uns.
—C'est un simple faiseur, affirmaient les autres.
Mais tous s'accordaient à dire que c'était un «malin» qui ferait «son affaire,» et qui la ferait sans passer par la police correctionnelle...
Comment notre père et un tel homme peuvent-ils être si intimement liés? se demandaient Maxence et sa sœur.
Et ils se perdaient en conjectures, lorsque tout à coup, et à une heure où jamais il ne mettait les pieds chez lui, M. Favoral parut.
Jetant une lettre sur les genoux de sa fille: