Faute de mieux, il gardait son emploi d'auxiliaire au chemin de fer, et comme deux cents francs par mois ne lui suffisaient pas, il passait une partie des nuits à copier des rôles pour le successeur de Me Chapelain.

—Il te faut donc bien de l'argent? lui disait sa mère, lorsqu'elle lui voyait les yeux un peu rouges.

—Tout est si cher! répondait-il avec un sourire qui valait une confidence et que pourtant Mme Favoral ne comprenait pas.

Il n'en avait pas moins, petit à petit, et par à-compte, payé ses créanciers. Le jour où il tint enfin leurs factures acquittées, il les présenta fièrement à son père, le priant de le faire entrer au Crédit mutuel, où, avec infiniment moins de peine, il gagnerait bien davantage.

Mais dès les premiers mots, M. Favoral se mit à ricaner.

—Me supposez-vous donc une dupe aussi facile que votre mère? s'écria-t-il... Croyez-vous donc que je ne sais pas la vie que vous menez?

—Ma vie est celle d'un pauvre diable qui pioche tant qu'il peut.

—En vérité!... Alors comment ne cesse-t-on de voir chez vous des femmes dont les allures et les toilettes font scandale dans le quartier?

—On vous a trompé, mon père.

—J'ai vu.