—Enfin, que dois-je faire? demandai-je.

L'officier de paix hocha la tête.

—En vérité, ma pauvre enfant, me répondit-il, je ne sais trop que vous dire. La police n'a pas la puissance de Dieu. Elle ne peut rien pour prévenir le crime conçu dans la cervelle d'un scélérat inconnu.

J'étais épouvantée, il le vit et eut pitié:

—A votre place, ajouta-t-il, je changerais de domicile. Peut-être un déménagement lestement exécuté fera-t-il perdre votre piste aux misérables acharnés après vous. Et surtout, donnez-moi votre nouvelle adresse. Tout ce qui est en mon pouvoir pour vous protéger et assurer votre sécurité, je le ferai...

Et cet homme excellent a tenu sa parole, et une fois encore, je lui ai dû mon salut. C'est lui, à cette heure, qui est le commissaire de police de notre quartier, et c'est lui qui a mis à la raison Mme Fortin.

Je me hâtai du reste de suivre ses conseils, et dès le surlendemain j'étais installée ici, dans la chambre que j'occupe encore.

Craignant d'être épiée, avant de déménager, et quoiqu'il m'en coûtât, j'avais annoncé à ma patronne que je la quittais, la priant, si quelqu'un venait aux informations, de répondre que je m'étais décidée à partir pour l'Amérique.

Je ne tardai pas à retrouver de l'ouvrage, chez un couturier très à la mode, et que vous devez connaître de nom: Van Klopen. Ce ne fut pas pour longtemps.

La guerre venait d'être déclarée. Tous les jours le télégraphe annonçait une nouvelle défaite. Les Prussiens approchaient. La République fut proclamée.