—C'est ainsi. Reste à savoir ce que me coûterait un dîner dans le grand genre, tout ce qu'il y a de mieux.
—Cela dépend du nombre des convives...
—J'aurai trois ou quatre personnes.
La pauvre femme se livra à un assez long calcul, puis, timidement, car la somme lui semblait formidable:
—Je pense, commença-t-elle, qu'avec une centaine de francs...
Son mari se mit à siffler.
—Il faudra cela rien que pour les vins, interrompit-il. Me prends-tu pour un sot? Mais, tiens, ne comptons pas. Fais comme faisaient tes parents quand ils faisaient le mieux, et si c'est bien, je ne me plaindrai pas de la dépense. Prends une bonne cuisinière, loue un garçon qui sache bien servir à table...
Elle était confondue, et cependant elle n'était pas au bout de ses surprises.
Bientôt M. Favoral déclara que la vaisselle du ménage n'était pas de mise et qu'il achèterait un service. Il découvrait cent emplettes à faire et jurait qu'il les ferait. Il hésita un instant à renouveler le meuble du salon, qui était pourtant assez convenable, étant un présent de son beau-père.
Et son inventaire terminé: