—Vous riez de nos plaintes, vous qui êtes lancé dans les grandes affaires où l'on gagne ce qu'on veut.

Ils semblaient d'ailleurs tenir en haute estime ses capacités financières. Ils le consultaient et suivaient ses conseils.

M. Desormeaux disait:

—Oh! il s'y entend.

Et Mme Favoral se plaisait à se persuader que, sous ce rapport au moins, son mari était un homme remarquable. Elle attribuait à des préoccupations supérieures son mutisme et ses distractions. De même qu'il lui avait appris à l'improviste qu'il avait de quoi vivre, elle pensait qu'un beau matin il lui annoncerait qu'il était millionnaire.

IX

Mais le répit accordé par la destinée à Mme Favoral touchait à son terme, les épreuves allaient revenir, plus poignantes que jamais, occasionnées par ses enfants, tout son bonheur jusqu'alors, et sa seule consolation.

Maxence allait avoir douze ans. C'était un brave petit garçon, d'une intelligence éveillée, travaillant à ses heures, mais d'une inconcevable étourderie et d'une turbulence que rien ne pouvait dompter.

A l'institution Massin, où on l'avait placé, il faisait blanchir les cheveux de ses maîtres d'études, et il ne se passait pas de semaine qu'il ne se signalât par quelque méfait nouveau.

Un père comme tous les autres se fût médiocrement inquiété des fredaines d'un écolier, qui était en définitive des premiers de sa classe et dont les professeurs eux-mêmes, tout en se plaignant, disaient: