—Rien n'est désespéré, déclara M. de Trégars.
Et tirant de sa poche l'adresse du magasin où avaient été achetées les deux malles dont la facture s'était trouvée dans le portefeuille de M. Favoral:
—C'est là, dit-il, que nous connaîtrons notre sort.
M. de Trégars et Maxence jouaient de bonheur. Ils avaient un cocher habile et un bon cheval. Ils ne mirent pas vingt minutes à franchir la distance qui sépare le Palais-de-Justice du boulevard des Capucines.
Dès que le fiacre s'arrêta:
—Allons, il faut en passer par là! dit M. de Trégars.
Et de l'air d'un homme qui a pris son parti d'une besogne qui lui répugne étrangement, il sauta à terre, et suivi de Maxence il entra dans le magasin d'articles de voyage.
C'était un établissement modeste. Et les gens qui le tenaient, le mari et la femme, voyant deux clients leur arriver, se précipitèrent à leur rencontre avec ce sourire accueillant qui fleurit sur la lèvre de tous les boutiquiers parisiens.
—Que faut-il à ces messieurs?...
Et avec une surprenante volubilité, ils énuméraient à l'envi tout ce qu'ils avaient à vendre dans leur boutique, depuis le «nécessaire-indispensable» qui renferme soixante-dix-sept pièces en argent et qui coûte deux cents louis, jusqu'à l'humble sac de nuit de trente-neuf sous.