[XII]

Il était plus de quatre heures, lorsqu'il fut enfin permis à Marius de Trégars de regagner son logis.

Il s'était longuement et minutieusement concerté avec le commissaire de police, il s'était efforcé de prévoir toutes les éventualités, sa conduite était parfaitement tracée, et il emportait cette certitude qu'en ce jour, qui se levait, serait définitivement gagnée ou perdue l'étrange partie qu'il jouait.

Lorsqu'il arriva chez lui:

—Enfin, vous voici, monsieur! s'écria son fidèle domestique.

C'était l'inquiétude, évidemment, qui avait tenu ce brave homme sur pied toute la nuit, mais telle était la préoccupation de Marius, qu'il n'y prit pas garde.

—Personne n'est venu en mon absence? interrogea-t-il.

—Pardonnez-moi.... Un monsieur s'est présenté dans la soirée, M. Costeclar, qui a paru très-contrarié de ne pas trouver monsieur.... Il venait, à ce qu'il m'a dit, pour une affaire très-importante que monsieur sait bien, et il m'a chargé de prier monsieur de l'attendre demain... c'est-à-dire aujourd'hui, avant midi....

M. Costeclar était-il envoyé par M. de Thaller?