Avant de la connaître, il l'aimait.
Maintenant, il était bouleversé par une de ses passions exclusives qui s'emparent de l'être entier.
Même, il se sentait déjà à ce point sous le charme, subjugué, dominé, fasciné, il comprenait si bien qu'il allait cesser de s'appartenir, que son libre arbitre lui échappait, que sa volonté serait entre les mains de Mlle Lucienne comme le bloc de cire entre les doigts du modeleur, il se voyait si bien à la discrétion d'une énergie supérieure à la sienne, que la peur le prenait presque.
—C'est mon avenir que je risque! pensait-il.
Et il n'était pas de moyen terme.
Il lui fallait, ou fuir sur-le-champ, sans attendre le réveil de Mlle Lucienne, fuir sans détourner la tête... ou rester, et alors accepter tous les hasards d'une incurable passion pour une femme qui ne l'aimerait peut-être jamais....
Et il restait pantelant entre ces deux partis, comme un voyageur qui, tout à coup, verrait se bifurquer la route inconnue où il marche, et qui ne saurait laquelle prendre des deux voies ouvertes devant lui, sachant que l'une conduit au but et l'autre à un abîme.
Seulement, le voyageur, s'il se trompe et s'il le reconnaît, est toujours libre de rebrousser chemin.
L'homme, dans la vie, ne peut plus revenir à son point de départ. Chaque pas qu'il fait est définitif. S'il s'est trompé, s'il s'est engagé sur la route fatale, tant pis!...
—Ah! n'importe! s'écria Maxence. Il ne sera pas dit que, par lâcheté, j'aurai laissé s'envoler le bonheur qui passe à ma portée. Je reste....