Il était temps. Vincent Favoral reparaissait sur le seuil de la chambre à coucher.

Si c'était une arme qu'il était allé chercher, ce n'était pas celle que supposaient Marius et Mme Cadelle. C'était une liasse de papiers qu'il tenait à la main.

Apercevant M. de Trégars et non plus Mme de Thaller, un cri d'étonnement et de terreur s'étouffa dans sa gorge.

Il démêlait si vaguement ce qui s'était passé, qu'il avait oublié le cabinet vitré et que l'homme qu'il voyait là s'y tenait caché et venait de faire évader la baronne.

—Ah! la misérable! bégaya-t-il d'une langue épaissie par la rage, l'infâme! Elle me trahissait, elle m'a livré, je suis perdu!

Maîtrisant la plus terrible émotion qu'il eût jamais ressentie:

—Non, vous n'êtes pas livré, prononça M. de Trégars.

Rassemblant tout ce que lui avait laissé d'énergie la dévorante passion qui avait dévasté son existence, l'ancien caissier du Crédit mutuel fit quelques pas en avant.

—Qui donc êtes-vous? demanda-t-il.

—Ne me connaissez-vous pas?... Je suis le fils de ce malheureux marquis de Trégars dont vous parliez il n'y a qu'un instant. Je suis le frère de Lucienne.