Il se leva, et d'un ton solennel, sans hum! ni broum! cette fois:
—J'ai l'honneur, madame, prononça-t-il, de vous demander la main de Mlle Gilberte Favoral, votre fille, pour mon ami, Yves-Marius de Genost, marquis de Trégars....
Un profond silence suivit.
Mais ce silence, le comte de Villegré dut l'interpréter en sa faveur, car courant à la porte du salon, il l'ouvrit et appela:
—Marius!...
Ce qui venait de se passer, Marius de Trégars l'avait prévu, et d'avance, et de point en point, annoncé au comte de Villegré.
Il était de ces hommes dont le sang-froid semble dominer les événements, tant après les avoir préparés ils excellent à en tirer parti.
Étant donné le caractère de Mme Favoral, il savait ce qu'il fallait en attendre. Il avait ses raisons de ne rien redouter de Maxence. Et s'il se défiait des talents diplomatiques de son ambassadeur, il comptait absolument sur l'énergie de Mlle Gilberte.
Et il avait calculé si juste qu'il avait tenu à accompagner son vieil ami rue Saint-Gilles, pour pouvoir apparaître au moment décisif.
En arrivant, lorsque la servante était venue leur ouvrir: