Maxence était abasourdi.
—Et alors? fit-il.
—Alors, il est évident que votre père est perdu. Qu'il ait ou non des complices, il sera sacrifié seul. Il faut un bouc émissaire, n'est-ce pas, à égorger sur l'autel du crédit? Eh bien! on donnera cette satisfaction aux actionnaires dépouillés. Les douze millions seront perdus, mais les actions du Crédit mutuel remonteront et la morale sera sauve....
Un peu ému de l'accent de l'ancien avoué:
—Que me conseillez-vous donc, monsieur? interrogea Maxence.
—Le contraire précisément de ce que, sur le premier moment, je vous ai conseillé.... C'est pour cela que je suis venu. Je vous disais hier: Faites du tapage, agissez, criez.... Il est impossible que votre père soit seul coupable, attaquez M. de Thaller.... Aujourd'hui, après mûre délibération, je vous dis: Taisez-vous, cachez-vous, laisser tomber le scandale....
Un sourire amer crispa la lèvre de Maxence.
—Ce n'est pas un conseil de brave que vous me donnez, dit-il.
—C'est le conseil d'un ami....
—Cependant....