Adore les charges militaires qui font tant rire tout ceux qui n’en sont pas l’objet, et pour trouver un peu de gaieté recherche la société des jeunes officiers.
C’est lui qui, faisant un jour fonction d’aide de camp près d’un maréchal qui avait le malheur d’être le plus triste des écuyers, s’amusait à imiter—à s’y méprendre—le bruit éclatant que font les chevaux lorsqu’ils vont ruer. Le maréchal se retourna un peu ému:
—Prenez garde, messieurs, dit-il aux officiers de l’escorte, prenez garde, tenez bien vos chevaux.
Dieu sait les rires. Mais imaginez une douzaine de charges de ce genre, toujours ébruitées, et vous ne serez pas surpris du peu de chance du commandant.
Il est du dernier bien avec tous les généraux actuels, beaucoup ont été ses collègues à Saumur; il les tutoie et ils le tutoient, ce qui n’empêche qu’il aura sa retraite bientôt. On dit qu’il n’est pas sérieux.
Jamais cependant soldat plus soldat ne ceignit un ceinturon.
Il jure comme un diable après le service: tout retombe sur lui, il a un mal de chien; mais s’il est libre un seul jour, il s’ennuie à périr. Hiver comme été, tous les matins à six heures, il est debout, habillé et rasé. De semaine ou non, on est bien sûr, quand sonne le pansage, de le voir arriver au quartier. Il y vient, assure-t-il, pour savoir la nouvelle et prendre un peu l’air; il en profite pour prendre la goutte.
Les soldats l’adorent, les officiers le chérissent, il est aimé de tous; mais c’est parfois un malheur d’avoir trop d’amis.
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Plus dissemblables encore sont les deux adjudants-majors, qui de semaine chacun à leur tour font la police du quartier.