—Savez-vous que la femme du capitaine Jean: a dit la femme du lieutenant Pierre que la femme du capitaine Paul avant son mariage...
—Eh bien?
—Hum!...
—Ah bah!
Ce diable de propos parti on ne sait d’où, met le 13e en révolution. Il y a deux camps bien arrêtés, l’un pour, l’autre contre. Ceux du camp pour ont parlé d’écrire pour avoir des renseignements. Les deux partis se disputent la femme du lieutenant-colonel, qui est neutre; on a cherché à la faire parler; elle a gardé un silence prudent que chacun interprète à sa fantaisie.
—Que le diable emporte les femmes! s’écrie le lieutenant Grognon, elles feraient battre des montagnes; on devrait interdire le mariage aux militaires comme aux prêtres.
Lieutenant, ne vous fâchez pas!
Ne vous fâchez pas!
Ne vous fâchez pas!
Chantonnent trois ou quatre jeunes officiers. Ce refrain est une scie organisée contre le lieutenant Grognon, lequel a un caractère en brosse, et trouve toujours moyen d’être en colère contre quelqu’un ou quelque chose.
Le lieutenant Grognon est seul de son bord et de son opinion, depuis le départ du lieutenant Susceptible, mis à la retraite.
C’est lui qui racontait ainsi l’histoire de sa dernière affaire: