De l’enfoncer, c’est en vain qu’on espère.
Il rit au nez du grand Carabinier,
Soldat géant, qui gêne le tonnerre,
En le brossant des crins de son cimier.
Quand à cheval son soleil étincelle
Sur sa poitrine, il a l’air du dieu Mars,
Mais on ne peut toujours rester en selle,
A nous l’pompon, au treizième hussards!
O Cuirassier, de ta lourde cuirasse,
O Cuirassier, l’acier te sied assez;
Vieux dur à cuire, en cette carapace,
Tu sais rentrer comme les crustacés.
Toi qui d’Eylau décidas la bataille,
Tu peux de tous exiger des égards,
Mais pour valeur plus grande que la taille,
A nous l’pompon, au treizième hussards!
Au fier Dragon accordons cet éloge,
C’est qu’il se gonfle et se pose en rival;
C’est qu’il combat comme à l’auberge on loge,
Tantôt à pied et tantôt à cheval.
Mais aux Dragons si la vertu s’engage,
Elle nous rend bientôt les étendards:
Faut-il dompter une vertu sauvage?
A nous l’pompon, au treizième hussards!
Depuis cinq ans une grotesque danse
Reçut le nom de hardis cavaliers;
Seuls jusqu’alors les ennemis de France
Avaient connu la danse des Lanciers.
En tapinois, à l’abri du quadrille,
Leur schapska s’est glissé de toutes parts,
Mais aux lanciers pour que le sexe brille,
A nous l’pompon, au treizième hussards!
Leste Chasseur, à notre seule absence,
Tu dois souvent tes triomphes d’un jour;
Un Hussard vient, et sa seule présence
Pour lui décide et la guerre et l’amour.
Et cependant nous, chers à la victoire,
D’un fol orgueil nous craignons les écarts.
Donc venez tous,... c’est moi qui paye à boire
A la santé du treizième hussards!
La grande prétention du fourrier est d’avoir été un civil un peu chic. Aussi il affecte des goûts peu militaires. Il n’est que comptable à ce qu’il prétend, et est fier de sa main superbe.
Quatre fois par an, le marchef et ses fourriers ont une besogne extraordinaire, c’est lorsqu’il s’agit de régler la feuille de décompte trimestrielle.
Comme de raison, ils attendent toujours au dernier moment, et c’est dans la nuit qui précède le décompte que se fait ce difficile travail.
Cette nuit-là, le brigadier d’ordinaire doit à son chef un paquet de bougies, le café, et une bouteille de rhum.
Outre ses fourriers, le marchef s’adjoint ordinairement un surnuméraire—un scribe. C’est quelque fils de famille, engagé volontaire, hussard intelligent mais paresseux, qui obtient ce poste envié. Pour s’exempter de service, il est tout heureux et tout aise de faire les courses et de bourrer les pipes des comptables.