—Celles-ci, dit Gédéon, me vont très-bien, si ce n’est qu’elles me gênent abominablement et que je ne saurais marcher avec.
—Vous croyez-vous donc dans l’infanterie? répondit le capitaine.
Tandis qu’on donnait à Gédéon ses effets de petit équipement et ses armes, le capitaine lui demanda s’il avait de l’argent pour verser à sa masse.
Le marchef prit la peine de lui expliquer que la masse est une première mise que le gouvernement accorde à chaque soldat lors de son arrivée au corps. Cette masse varie suivant les armes; pour le 13e hussards elle est de 75 francs.
Naturellement, le premier équipement épuise presque la masse, et comme elle ne s’augmente que de quelques centimes chaque jour, il faut un temps assez long pour qu’elle remonte au chiffre réglementaire; encore faudrait-il supposer que le soldat n’userait que très-lentement les effets qu’il paye sur ses fonds.
Or, au 13e hussards, avoir sa masse complète est une excellente note. Gédéon déclara donc qu’il allait sur l’heure verser l’argent nécessaire.
—A la bonne heure! dit le capitaine, vous arriverez, vous: on va loin quand on a sa masse complète.
La toquade du capitaine d’habillement du 13e est de vouloir juger les hussards, seulement d’après l’état de leur masse. Il prétend que c’est un infaillible thermomètre qui ne l’a jamais induit en erreur.
Enfin Gédéon fut habillé, chaussé, coiffé et armé de pied en cap. On lui remit un livret, ce vade-mecum du troupier, sur lequel on inscrit ses dépenses à côté de ses états de service.
A la fin est imprimé un abrégé du code pénal militaire, et l’énumération des «devoirs du soldat envers ses supérieurs.»