Sur la première page, au-dessous de son nom écrit en grosses lettres, Gédéon aperçut son numéro matricule. Il était immatriculé sous le nº 1313, et il retrouva ce chiffre sur tous ses effets, depuis les tiges de ses bottes jusqu’au fond de son schako.

Comme il descendait l’escalier, chargé de tout son attirail, le marchef le rappela:

—Vous oubliez vos musettes, lui criait-il.

Gédéon remonta bien vite.—Quels peuvent être ces instruments? se demandait-il.

On lui remit deux sacs de toile, renfermant toute sorte de brosses, d’éponges, de peignes et d’étrilles.—Ce sont là, évidemment, se dit-il, les nécessaires de toilette de l’homme et du cheval; mais pourquoi ce singulier nom de musettes?

XVIII

Gédéon, cependant, brûlait du désir d’essayer ce brillant uniforme qui avait décidé son choix, et de se pavaner par les rues de Saint-Urbain.

Il se trouvait seul à la chambrée, le régiment étant retenu près des chevaux, il pensa que son désir était des plus simples à satisfaire.

Alors, comme la triste chrysalide, lorsqu’arrive l’heure de sa transformation, il commença à dépouiller les sombres vêtements du pékin pour revêtir la fulgurante tenue des hussards du 13e:—le papillon allait prendre son vol.

Mais bientôt un obstacle imprévu l’arrêta. Là, sous sa main, étaient une foule d’objets dont il ne pouvait comprendre ni l’usage ni la destination.