Le capitaine instructeur du 13e est de beaucoup le plus habile écuyer du régiment.

A Saumur, il s’était fait une certaine réputation, et son mérite est d’autant plus grand, qu’il lui a fallu vaincre la nature, et triompher d’obstacles physiques.

Il a le buste très-long et les jambes bien trop courtes. Il n’est pas fendu, quoi! Lui-même, quelquefois, le confesse avec douleur.

Disciple fervent du comte d’Aure, le capitaine instructeur professe ouvertement une aversion mêlée de mépris pour la méthode Baucher, qui brise, dit-il, le cheval, entrave ses allures naturelles pour lui en donner de factices, et achète quelques grâces de parade au prix de l’élan, de la vitesse et du fonds même de l’animal.

Aussi, de quelles épigrammes ne crible-t-il pas le capitaine-commandant du 3e escadron, qui s’amuse à bauchériser ses chevaux.

Tout ce qui a été écrit sur le cheval, le capitaine instructeur l’a lu, relu et médité. Plus d’une fois il a regretté tout haut que les Numides n’aient pas laissé de traité sur l’équitation.

C’est pour combler sans doute cette lacune que lui-même profite de ses rares loisirs pour en préparer un. Voilà cinq ans que, dans le silence du cabinet, il condense en aphorismes clairs et précis les règles d’une méthode qui lui est particulière.

Ces aphorismes, tous les hussards du 13e les savent déjà par cœur; ils l’ont tant de fois entendu répéter:

«Soignons la position; la position est la première chose dont on doit s’occuper.

«Le corps du cavalier se divise en plusieurs parties, dont chacune a son emploi spécial, ne l’oublions pas.»