L’une venait du père du jeune hussard, l’autre portait le timbre de Saint-Urbain même.
Voici ce qu’écrivait M. Flambert:
«Mon cher fils,
«C’est avec douleur, et bien malgré moi, que je t’ai laissé t’engager. Que n’as-tu, lorsqu’il en était temps encore, écouté mes sages conseils? Enfin, tu l’as voulu. Tu as pris un parti; en changer serait de la versatilité. Dans ton intérêt, je ne t’en faciliterai pas les moyens. Gagne l’épaulette, ainsi que tu me l’as promis, alors seulement je te verrai revenir près de moi avec bonheur...»
Heureusement un billet de cent francs était joint à cette lettre; il calma un peu la colère de Gédéon.
—Gagne l’épaulette, murmurait-il, gagne l’épaulette!... Mon père en parle bien à son aise; ne dirait-on pas, à l’entendre, que c’est aussi simple que de gagner une demi-douzaine d’oublies au tourniquet? Enfin, nous verrons bien.
La seconde lettre n’avait que ces cinq lignes:
«Mon bon Gédéon,
«Depuis ton départ, je ne dors plus. Je me suis dit: Il faut que je le voie en soldat; doit-il être beau! Alors j’ai fait des économies pour le voyage, et me voici. J’attends à l’hôtel des Postes que tu viennes embrasser...
«Ta Justine.»